Dans cet article, je souhaite aborder le sujet de la neuroatypie avec compassion et compréhension. Avant de plonger dans ce thème, je tiens à préciser que je ne suis pas médecin et que mes mots ne visent en aucun cas à remplacer l’expertise d’un professionnel de la santé. Néanmoins, ma propre expérience avec la neuroatypie m’a permis d’acquérir une certaine perspective, et je souhaite partager cela avec vous, en espérant que cela puisse résonner chez certains d’entre vous.
Qu’est-ce que la neuroatypie? Ce terme englobe des modes de fonctionnement neurologique qui sont distincts des normes majoritaires. En d’autres termes, la neuroatypie peut être perçue comme une manière de vivre où votre cerveau fonctionne différemment, sans être malade ni associé à une pathologie. Alors que la majorité des gens a des façons habituelles de penser, d’agir et de réagir face à diverses situations, les neuroatypiques abordent ces mêmes situations avec des perspectives uniques. Cette « catégorie » inclut l’autisme, les troubles de l’attention et de la mémoire (TDAH), la dyspraxie, la dyslexie, les personnes hypersensibles, ainsi que les hauts potentiels intellectuels (HPI) et les très hauts potentiels intellectuels (THPI), et encore d’autres profils. À travers ces mots, je veux vous offrir une explication de ce que cela signifie au quotidien, mettre en lumière ce que cela implique de se sentir « à part » ou « différent », de vivre en « sur adaptation », de porter « un masque ». J’espère sincèrement que, pour celles et ceux qui se reconnaîtront dans ces lignes, cela apportera un « ouf de soulagement » en réalisant que vous n’êtes pas seul. Comprendre votre fonctionnement peut vous aider à mieux exploiter votre potentiel, à vous aligner davantage et à gérer votre énergie avec plus de sérénité. (C’est un sujet qui me touche profondément.)
Dans ce monde qui file à toute vitesse, il est crucial de réaliser que nous avons le pouvoir de métamorphoser cette vaste multitude d’efforts en une force douce et puissante. Cela devient une réalité lorsque nous choisissons de nous écouter et de nous doter de garde-fous simples et humains, nous permettant ainsi de naviguer ensemble avec enthousiasme et sérénité.
La neuroatypie est un monde fascinant où l’on découvre des façons alternatives de percevoir, de traiter et de réagir à notre environnement ! Ces expériences uniques peuvent être accompagnées de puissantes forces, comme la créativité débordante, une persévérance inébranlable et une pensée en réseau exceptionnelle, tout en présentant des défis, tels que des sensibilités accrues, des surcharges sensorielles et des difficultés d’organisation. Chaque individu neuroatypiques relève ses propres challenges et mérite d’être célébré pour sa richesse intérieure et sa perspective précieuse sur la vie ! Chaque profil a ses spécificités, mais beaucoup partagent le besoin d’un cadre clair, de prévisibilité et d’un environnement qui respectent leurs rythmes et leurs limites.
En fonction de la neuroatypie, et du pays où nous habitons, qu’il s’agisse d’un désert médical ou d’un système de santé plus accessible, des spécialistes attentifs œuvrent en toute connaissance de cause dans l’identification de ces spécificités. Ils s’engagent pleinement à comprendre les enjeux uniques de chaque individu, offrant un soutien précieux. Néanmoins, il est important de comprendre que certaines personnes vivent avec plusieurs neuroatypies, ce qui peut compliquer la tâche tant pour elles que pour les professionnels de santé. Cela peut engendrer un sentiment de confusion et d’isolement, surtout lorsque l’on aspire à mettre un mot sur notre ou nos neuroatypies. Dans ce contexte, il est donc essentiel de trouver des professionnels empathiques, non seulement ouverts à la richesse que la neurodiversité peut apporter, mais aussi formés pour naviguer dans la complexité de ces expériences variées, afin d’offrir un accompagnement adapté et respectueux des parcours de chacun.

Il y a quelques signes auxquels vous pouvez prêter attention comme :
- la surcharge sensorielle : bruits forts, lumières vives et éblouissantes, textures rugueuses et inconfortables, odeurs intenses et désagréables
- la difficulté à réguler l’attention ou à rester concentré dans des environnements chaotiques
- Avoir besoin de supports visuels ou de rituels au quotidien
- l’hypersensibilité émotionnelle ou les ruminations.
Pourquoi se sent-on « à part et en hyper adaptation régulièrement? Le cerveau est passé en mode « survie » à développer des stratégies d’adaptation, pour compenser un monde qui ne « parle pas le même langage que lui » (maternelle, primaire, collège, lycée, post bac, marché de l’emploi, en couple, dans les groupes d’amis, en famille.. etc. … etc.. etc… je continue?) . Dans cette quête perpétuelle d’acceptation, il y a un sentiment de décalage qui devient omniprésent dans nos vies. Tout cela a un prix : cette hyper adaptation demande énormément d’énergie cognitive et émotionnelle, ce qui mène souvent à l’épuisement, et à des difficultés pour retrouver un équilibre. Ce travail incessant d’ajustement demande non seulement de la force mentale, mais établit également une pression sociétale qui ne fait que renforcer notre sentiment de perte d’identité. Le paradoxe de tout cela… c’est que très souvent, nous faisons ça pour « être accepté » par la société, pour « rentrer dans un cadre », « pour rentrer dans un groupe », « pour s’intégrer dans une équipe » etc…etc.. (l’homme est un être social…on a tous appris cela à l’école). En essayant de ressembler aux autres, au groupe…en tentant de nous ajuster, on s’éloigne de qui nous sommes. Parfois, cette lutte pour se conformer à des normes extérieures nous fait oublier nos véritables passions et nos désirs profonds, nous laissant dans une quête incessante de validation, et provoquant ainsi un cycle interminable de recherche d’authenticité qui semble hors de portée.
Inconsciemment, nous espérons souvent être reconnus pour les efforts que nous avons fournis… une reconnaissance qui semble parfois nous échapper, tout comme le soutien que nous souhaitons tant… car il est vrai que les autres ne peuvent pas toujours comprendre ce que nous ressentons.
Comment cela peut vous épuiser? après avoir lu ces quelques lignes… vous devez en avoir une petite idée. Personnellement, j’appelle cela « le hamster qui tourne dans ma tête ». Vous devez surveiller ces quelques signes d’épuisement :
- fatigue constante, irritabilité, troubles du sommeil, ainsi qu’une difficulté accrue à se concentrer, des maux de tête fréquents et une sensation d’épuisement général même après une nuit de repos.
- démotivation, sentiment d’impuissance ou de honte.
- difficulté à faire la distinction entre » ce que je suis » et ce que l’environnement attend de moi.
Quelques conseils, quelques garde-fous pratiques qui peuvent vous être utiles :
- définir des limites claires : savoir dire non et savoir demander du temps lorsque quelque chose devient trop intense, afin de préserver son bien-être mental et émotionnel, et de maintenir des relations saines avec les autres en évitant de se sentir dépassé par les exigences externes.
- apprendre à identifier ce qui vous épuise et ce qui vous nourrit
- apprendre à réguler votre énergie par la respiration, des pauses sans bruit, une routine, un environnement calme.
- apprendre à identifier les activités ressourcantes pour vous
- aménager des temps de pause, lâcher prise
- rechercher des espaces où la neurodiversité est comprise et respectée
- recourir au coaching
Pour vous redécouvrir, comme pour vous affirmer, vous pouvez :
- Adopter une approche progressive, en prenant le temps d’explorer divers centres d’intérêts, en prêtant une attention particulière à chaque aspect. Cela permet d’identifier avec tendresse les talents qui émergent lorsque l’environnement est accueillant et favorise la créativité, l’expérimentation et l’auto découverte.
- tester des environnements variés (lieux de travail, modes d’étude, pratiques créatives) pour repérer ce qui « fonctionne » pour vous.
- cartographier vos forces personnelles (créativité, mémoire associative, résolution de problèmes etc…)
- noter vos limites et les situations qui coûtent cher en énergie
- avoir des pratiques d’ancrage et d’authenticité en choisissant les activités qui vous reconnectent à votre « moi » intérieur sans compromis excessif.
- communiquer vos besoins sans honte
- chercher des environnements qui valorisent la diversité cognitive plutôt que de la « normaliser ».
La neuroatypie n’est pas une étiquette dictant une destinée. C’est une façon de penser qui peut apporter des forces notables à condition de reconnaître les besoins spécifiques, de trouver les environnements et les supports qui respectent ces besoins et d’apprendre à préserver votre énergie. Etre soi-même, c’est aussi apprendre à s’écouter, à poser des garde-fous et à choisir des routes qui honorent sa singularité tout en protégeant sa santé mentale. En fait, il est crucial d’accepter que les différences ne sont pas des obstacles, mais plutôt des opportunités de croissance et d’innovation. En développant une conscience accrue de soi, on peut naviguer dans le monde d’une manière qui soit non seulement authentique, mais qui tire également parti des capacités uniques que l’on possède. Chaque individu neuroatypique peut ainsi se voir non pas comme un outsider, mais comme un innovateur capable de contribuer de manière significative à la société, en apportant des perspectives et des solutions qui enrichissent notre compréhension collective. Personnellement, j’adore cet angle de vue et vous? Si vous souhaitez en parler avec moi en séance de coaching, ça sera avec plaisir.
NB. : en plus de ma certification au coaching EMCC & Beautiful Soul, j’ai suivi une formation certifiante sur la multi potentialité, une autre sur l’apport du psychologue et du coach dans le cadre d’un TDAH, et me forme actuellement aux troubles du Neurodéveloppement : autisme, Dys, TDAH, TDI



Laisser un commentaire